Saisine de Mme la Préfète au sujet des conséquences de la réforme des ZDS

Madame la Préfète,

Lors de notre rencontre en Préfecture le 16 janvier, j’ai appelé votre attention sur les conséquences désastreuses pour l’élevage en Pays-Fort de la réforme en cours des « Zones Défavorisées Simples » (ZDS) initiée par l’Union européenne et mise en œuvre par le Ministère de l’agriculture. Je sais que vous êtes informée de cette problématique.

La méthodologie de classement en Zones Soumises à Contraintes Naturelles (ZSCN) a conduit dans notre département, par un fusionnement technocratique du Pays-Fort et du Sancerrois qui n’ont pourtant guère de traits communs en matière agricole, a un déclassement de cette zone et par conséquence à son exclusion de la catégorie ZSCN. En effet, en faisant la moyenne des revenus fusionnés des exploitations agricoles du Pays-Fort et du Sancerrois on obtient un résultat suffisamment élevé pour que le dispositif d’Indemnité Compensatrice de Handicap Naturel ne trouve pas de légitimité à s’appliquer !!!

En matière d’aberration technocratique on peut difficilement trouver mieux. Qui oserait en effet comparer les revenus d’une ferme du Pays-Fort et ceux d’une exploitation viticole sancerroise ?

Donc les éleveurs du Pays-Fort ne pourront plus prétendre à l’Indemnité Compensatrice de Handicap Naturel qui représente pourtant une part très significative dans l’équilibre financier fragile de leurs exploitations.
Plus extraordinaire encore, la quasi-totalité des terres agricoles du Cher, dont la Champagne berrichonne où les bovins sont aussi nombreux que les autruches en Antarctique, peut prétendre à l’ICHN, ce qui n’a aucun intérêt ni aucun sens !

Pour qui connaît la situation de l’élevage dans notre département et notamment en Pays-fort, il ne fait aucun doute que cette admirable réforme signe l’arrêt de mort des agriculteurs-éleveurs avec pour corollaire les inévitables drames sociaux et l’intensification de la désertification rurale déjà en marche. Alors même que l’agriculture dans notre département traverse une crise d’une ampleur inégalée, aux conséquences redoutables, on ne peut laisser porter un nouveau coup à cette activité.

C’est la raison pour laquelle, Madame la Préfète, il convient d’appeler à une mobilisation de tous les acteurs, notamment au niveau gouvernemental, pour éviter la catastrophe qui s’annonce.

Je me tiens bien entendu à votre disposition pour accompagner votre action en vous remerciant de la suite qui sera donnée à ma démarche.

Veuillez agréer, Madame La Préfète, l’expression de ma haute considération.