Comment le PNF enfreint le principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs…

Puisque le Parquet national financier, enfreignant les règles sur le secret des procédures judiciaires, indique à la Presse que « de nombreux éléments déjà recueillis ne permettent pas d’envisager en l’état un classement sans suite de la procédure » ; qu’il aille plus loin et dise si les « éléments » dont il s’agit se rapportent à la fonction d’assistante parlementaire de Pénélope Fillon, ou s’ils sont liés à sa collaboration avec la revue des Deux Mondes.
On comprend que le PNF ne soit pas pressé de rendre son « oracle ». D’abord, parce que le pouvoir de gauche, avec lequel il entretient des rapports de subordination, n’est pas pressé de mettre un terme à une procédure aussi « juteuse » politiquement parlant.
Mais aussi, et surtout, parce que le PNF va avoir les pires difficultés à expliquer pourquoi et comment il s’est estimé compétent pour s’intéresser aux relations professionnelles de François Fillon et de son attachée parlementaire (en l’occurrence son épouse), enfreignant délibérément le principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs.
Y a-t-il eu plainte du président de l’Assemblée nationale (lequel emploie sa femme dans son cabinet à l’Assemblée nationale) ? Non ! Y a-t-il eu plainte d’un citoyen-électeur de la circonscription de François Fillon dans la Sarthe estimant, preuve à l’appui, que le cabinet parlementaire de François Fillon lui aurait causé un dommage majeur du fait de son fonctionnement défectueux ? Pas que l’on sache !
Y a-t-il eu trouble à l’ordre public ?
Le Canard enchainé est-il un collaborateur officiel stipendié de la justice ou de la police ? Il s’en défend, même si l’on n’est pas dupes de sa pseudo indépendance.
Sur quoi donc le PNF va-t-il bien pouvoir argumenter pour justifier la très étrange procédure qu’il a mise en œuvre ? Les choses sont un peu différentes dans la relation professionnelle entre Pénélope Fillon et la revue des Deux Mondes, c’est-à-dire entre une personne privée et une entreprise. Si l’on ne peut contester la légitimité d’une saisine judiciaire pour abus de bien social dès lors que des faits paraissent le justifier, cela ne concerne guère François Fillon en personne.
Après s’être enivrée du pouvoir qu’elle s’est octroyé de peser sur la campagne présidentielle, la justice pourrait bien se trouver en très piteuse posture. C’est pourquoi François Fillon a raison de tenir bon et les citoyens qui ne sont pas encore totalement abrutis par le tintamarre médiatique ont également raison de lui garder leur confiance.