Commission de Défense

Intervention d’Yves Fromion à l’occasion de la dernière audition de Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense, par la Commission de la Défense le 22 Février 2017.

Si Jean-Yves Le Drian s’est acquis une réputation flatteuse comme Ministre de la Défense, il le doit essentiellement aux excellents résultats de nos exportations de matériel militaire, dont le mérite lui revient en partie. Pour le reste, il porte la très lourde responsabilité avec François Hollande, de laisser pour héritage une armée en piteux état faute d’avoir su la doter d’un budget à la hauteur des besoins criants qui s’expriment. Hollande aura usé jusqu’à la corde notre outil de Défense, dont il a fait un moyen fort utile pour sa propre promotion politique. Mais Hollande a plus encore enlisé militairement et diplomatiquement la France dans des « aventures » africaines qui sont autant d’impasses.

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Nos soldats blessés en opération enfin reconnus !

Georges Clemenceau avait créé lors de la Première guerre mondiale une médaille des blessés de guerre.

Au fil du temps cette distinction était tombée en désuétude. Alerté par les responsables de la cellule d’assistance aux blessés de l’armée de terre (CABAT), je me suis employé personnellement à remettre à l’ordre du jour cette médaille afin que soit témoignée à nos blessés la reconnaissance de la Nation.

Après des années de persévérance j’ai fait aboutir la réforme indispensable pour permettre à cette distinction d’être attribuée à tous nos soldats blessés en OPEX, et souvent définitivement meurtris dans leur chair.

Je suis plutôt fier de cet heureux dénouement.

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Amendement sur le service civique de Défense

 

L’Assemblée Nationale débat en ce moment du projet de loi Egalité et citoyenneté. J’ai déposé un amendement reprenant la proposition de loi que j’avais déposée visant à créer un service civique de Défense.

Les débats qui ont suivi les attentats de 2015 ont mis en lumière deux réalités trop souvent occultées : l’insuffisante imprégnation d’un certain nombre de jeunes par les valeurs de la République et la situation d’échec dans laquelle 10% d’entre eux se trouvent aujourd’hui, abordant ainsi la vie active sans maîtriser les savoirs fondamentaux.

Alors qu’il ne semble pas raisonnable de revenir sur l’abandon de la conscription, la question se pose de savoir si les Armées, grâce à leurs capacités reconnues dans la formation des jeunes, sont susceptibles d’apporter des réponses aux deux constats faits plus haut.

L’extension du Service Civique souhaitée par François Hollande ne répondant pas non plus à la problématique compte tenu de ses modalités de mise en œuvre, j’ai proposé une solution intermédiaire, conforme à une disposition déjà existante du Code du Service National. Il s’agit d’une forme adaptée du Service Civique permettant à celui-ci de s’appliquer à des missions de Défense : un Service Civique de Défense.

Ainsi chaque année, jusqu’à dix mille jeunes volontaires pourraient, par une sorte d’immersion de six mois au sein des unités de nos forces armées, acquérir une formation « d’auxiliaire de Défense » apte à la plupart des missions de sécurité confiées à nos forces professionnelles sur le territoire national.

La période de Service Civique de Défense serait également mise à profit pour aider les jeunes volontaires à élaborer un projet personnel, à combler des lacunes dans les savoirs de base, plus globalement à trouver leur place dans la République.

Le Service Civique de Défense est à même d’offrir une perspective à la fois profitable pour les jeunes Français « en mal de République » et pour nos forces armées.

Bien évidemment la majorité de Gauche a, une nouvelle fois, rejeté par principe idéologique, ma proposition.

Regardez la vidéo de la séance : cliquez ici

intervention à 2h23 et 21s